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Le GRGS (Groupe de Recherches de Géodésie Spatiale) fut officiellement créé le 17 février 1971 à 16h au Bureau des Longitudes, lors d’une réunion regroupant :

  • le Président du Bureau des Longitudes (BdL ; A. Gougenheim),
  • le Président du Centre National d’Etudes Spatiales (CNES ; J-F. Denisse),
  • le Directeur de l’Institut Géographique National (IGN ; G. Laclavère),
  • le Directeur de l’Observatoire de Paris (OP ; J. Delhaye).

Ces quatre directeurs signataires se constituèrent ce même jour en Comité Directeur du GRGS et adoptèrent le principe de base : une simple lettre co-signée donnant les éléments constitutifs du GRGS et les règles de fonctionnement soit :

  • un Comité Directeur,
  • un Conseil Scientifique (liste désignée ce jour),
  • un Directeur Exécutif désigné pour trois ans renouvelables (J. Kovalevsky au départ),
  • du personnel de recherche appartenant aux organismes adhérents et à d’autres organismes,
  • du personnel technique et administratif mis à sa disposition par les organismes adhérents ou recruté sur contrat (J. Villecrose de l’IGN fut nommé Secrétaire Administratif. Il y a un budget autonome par équipes mais un budget commun géré ensemble).

Ceci était l’aboutissement d’actions successives depuis le lancement du premier satellite artificiel le 4 octobre 1957 et d’états de faits datant de nombreuses années antérieures. Pour comprendre la situation française de février 1971 et les décisions prises, il est nécessaire de rappeler les événements qui ont façonné, préparé, et jalonné la période qui a précédé la création du GRGS.

1 - La communauté géodésique française en particulier à l’IGN s’était beaucoup investie dans la coopération internationale et cela depuis ses origines notamment dans le cadre de l’Union de Géodésie et Géophysique Internationale (l’UGGI fut créée en novembre 1918 et ses statuts adoptés en 1919) et de l’Association Internationale de Géodésie (l’AIG). P. Tardi fut Secrétaire Général de l’AIG de 1945 à 1960, J-J. Levallois de 1960 à 1975 puis M. Louis, avec des secrétaires adjoints pour les mêmes périodes (J-J. Levallois, M. Louis, C. Boucher).

2 - Sur le plan international, la France avait alors la responsabilité du Bureau International de l’Heure (BIH) hébergé à l’Observatoire de Paris (Directeur : B. Guinot), et du Bureau Gravimétrique International (BGI) (P. Tardi en fut le directeur de 1958 à 1974).

3 - À partir de 1952, la communauté française (IGN et IPGP) s’investit beaucoup dans la préparation de l’année géophysique internationale 1957-1958, avec la création du Comité National Français de l’AIG, sous la présidence du R-P. Lejay, alors Président du Comité National Français de Géodésie et Géophysique (CNFGG) avec J. Coulomb comme Secrétaire Général. J. Coulomb, G. Laclavère, P. Tardi firent partie du comité spécial de l’Année Géophysique Internationale créée par la Commission Internationale des Unions Scientifiques à laquelle participèrent 77 pays. Le 4 octobre 1957, eut lieu le lancement du premier satellite artificiel par l’URSS prévu dans ce cadre mais auquel peu de pays croyaient vraiment et qui créa une onde choc que l’on connaît dans toutes ces disciplines et sur le plan politique.

Le Conseil International des Unions Scientifiques créa alors un comité spécial de recherches spatiales le COSPAR (Committee of Space Research). La première réunion eut lieu à Nice en 1960 avec P. Muller, astronome de l’Observatoire de Paris-Meudon qui avait réalisé les premières observations astrométriques des satellites artificiels comme représentant français. Création du CNES le 19 décembre 1961.

4 - Grâce à A. Danjon, Directeur de l’Observatoire de Paris, nouveau départ de la mécanique céleste en France au Bureau des longitudes avec J. Kovalevsky comme Directeur, (thèse aux USA en 1958 avec D. Brouwer, auteur de la première théorie analytique du mouvement du satellite artificiel en 1959), adjoint B. Morando (travaux sur les résonances des satellites artificiels) ; rôle des séminaires du jeudi du Bureau des Longitudes comme creuset pour constituer une communauté géodésique spatiale incluant des personnes provenant de divers instituts, Universités et du CNES. Création d’un diplôme et de cours de mécanique spatiale et céleste (Observatoire de Paris et Université de Paris VI) dés le début de l’ère spatiale.

5 - Premières expériences internationales de géodésie pour l’établissement d’un réseau mondial géodésique en utilisant les satellites ECHO 1 et 2 (1961-1963). En France on disposait des caméras Muller et des chambres balistiques de l’IGN. Les résultats sont présentés au symposium géodésique de Paris en 1964 (liaison France-Afrique du Nord) animé par J-J Levallois (IGN). Également premiers résultats obtenus avec les récepteurs doppler et le système américain Transit, premiers résultats obtenus avec les flashs émis par le satellite (satellite américain ANNA puis satellites de la série GEOS, photographiés aussi à Meudon avec le télescope de Schmitt).

6 - Expérience géodésique française avec le lancement des premiers satellites géodésiques Diapason (février 1966) et Diadèmes (février 1967) depuis Hammaguir. Succès français en télémétrie laser avec les premiers échos obtenus à St Michel en janvier 1965 sur le satellite américain BEB (expérience menée par le Service d’aéronomie du CNRS sous la direction de J-E. Blamont, par Mr et Mme Bivas puis J.Gaignebet). Les premiers échos ont été obtenus aux USA en octobre 1964. Succès aussi obtenu plus tard par l’ONERA avec la photographie des échos laser et développement d’une coopération ONERA - communauté géodésique dans plusieurs domaines.

7 - Recherche coopérative sur programme RCP 133, crée par la direction du CNRS le 20 février 1967 pour une jonction géodésique par satellites artificiels de l’Europe à l’Afrique et l’Amérique du sud. On utiliserait les satellites français DIADEMES, les satellites américains, PAGEOS, GEOS A, B (Directeur J-J. Levallois, adjoint F. Barlier). Echanges franco-américains avec une coopération en plein développement avec plusieurs missions et visites des centres américains avec de nombreux échanges (M. Lefebvre, G. Balmino, G. Brachet). Participation au colloque fondateur de la géophysique spatiale à Williamstown (Mass) en juillet 1969 (J-C Husson, F. Barlier, A. Orsag, O. Calame). Arrivée à l’Observatoire Paris-Meudon de chercheurs ayant contribué aux premiers modèles du champ de gravité de la Terre la Standard Earth I et II, K. Lambeck et M. Gaposchkin développés au Smithsonian Astrophysical Observatory à Cambridge.

8 - La coopération européenne. Les Journées Luxembourgeoises de Géodynamique furent un creuset pour développer une coopération européenne en géodésie spatiale : coopération avec l’ORB, P. Melchior, P. Paquet et le Luxembourg, J. Flick, coopération avec le DGFI de Munich (M. Schneider, C. Reigber), coopération avec les pays de l’Europe de l’Est et l’URSS (coopération Interobs et Intercosmos).

9 - La réalisation du programme international et mondial ISAGEX sous responsabilité française avec G. Brachet comme Directeur Exécutif (1970). La France avait des relations de coopération privilégiée tant avec les USA qu’avec l’URSS. Les pays suivants y adhèrent ; RDA, RFA, Australie, USA, Finlande, France, Grèce, Japon, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Suède, Suisse, Tchécoslovaquie, URSS. On utilisait tant les données laser que les données photographiques obtenues par photographie du satellite sur fond d’étoiles ou par des flashs lumineux émis par le satellite (satellite GEOS). À noter le lancement du satellite français PEOLE faiblement incliné sur l’équateur, depuis Kourou en décembre 1970 très utile pour la géodésie spatiale.

10 - Suite aux différents événements cités plus haut, aux recommandations du colloque de Williamstown (juillet 1969) et au vu des propositions à long terme en géodynamique (F. Barlier et M. Lefebvre fin 1969), création, à l’intérieur de la Division Mathématiques et Traitement du Centre Spatial de Brétigny, d’un département « Géodésie spatiale » le 27 mars 1970 (J-F. Denisse). Mise à disposition le 1er avril 1971 pour une durée d’un an du personnel composant le Département de Géodésie Spatiale du GRGS crée le 17 février 1971 (Général Aubinière). Cet effort sera reconduit d’année en année.

11 - Des travaux internationaux à faire et des coopérations internationales de plus en plus nombreuses à développer.

En conclusion, comme l’a écrit J-J. Levallois dans une note à l’occasion des 20 ans du GRGS, en créant cet organisme on pouvait espérer une efficacité plus grande dans la réalisation des projets, une gestion plus économique des crédits d’ensemble, la désignation d’un interlocuteur unique, qualifié pour prendre des engagements internationaux, un choix rationnel des thèmes de recherche, l’admission au rang de laboratoire par le CNES, un lien avec le CNRS.

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